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L’Eure-et-Loir n’aime pas les étiquettes politiques » disait en 1955 Maurice Viollette pour justifier son refus de déférer aux injonctions de la SFIO et du parti radical. On le doit en partie à la persistance d’un radicalisme aussi vieux que la République et qui peine à rendre les armes. Longtemps, ce radicalisme a été dominant et a empêché les grands partis de prendre racine. Cette petite république se disait radicale mais le radicalisme était en fait le nom qu’elle avait choisi de donner à son indépendance. A sa manière, elle se rattachait directement au grand courant républicain et démocratique, à la gauche, dont elle a suivi les grandes évolutions. Qu’y a-t-il de commun entre les élus radicaux d’aujourd’hui, les maires-bâtisseurs des trente glorieuses, les parlementaires de l’entre-deux-guerres, les notables de la Belle Epoque, les opposants à l’Empire de Napoléon III et les proscrits de 1848 ? Une continuité de combats militants et de liens personnels entre les générations qui se sont succédé à l’ombre de la rue des Changes, au pied de la cathédrale de Chartres, dans l’immeuble qui abritait en 1885 le journal « Le Progrès » et qui abrite encore la fédération radicale d’Eure-et-Loir. Car le parti républicain a eu ses rituels, comme le banquet Marceau depuis 1869, ses figures et ses symboles, comme Jean Moulin. Mais il a surtout eu ses réseaux, ses militants et ses leaders, qui ont écrit ensemble la plus longue histoire politique du département. |