Charles BRUNE, sénateur, ministre des Postes en 1950, ministre de l’Intérieur de 1951 à 1953.

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Né en 1891, major de l’Ecole vétérinaire de Lyon, ancien combattant de 1914, Charles Brune est d’abord vétérinaire avant d’entrer au ministère de l’Agriculture. Directeur des services vétérinaires d’Eure-et-Loir en 1924 puis inspecteur général de l’Agriculture en 1938, il appartient à cette génération de fonctionnaires de la préfecture qui soutient activement Viollette et la majorité radicale du département de 1924 à 1958. Président de la fédération radicale-socialiste d’Eure-et-Loir en 1935, chef de l’opposition municipale à Chartres dès 1935, il soutient le Front Populaire, Léon Blum et son ministre d’Etat, Maurice Viollette. Lié d’amitié au préfet Jean Moulin, il reste seul avec lui et Viollette lors de la débâcle de 1940, pour organiser la survie d’une ville de Chartres réduite à 800 habitants, invalides et réfugiés.

Suspendu de ses fonctions par Vichy, médaillé de la Résistance, il est conseiller général puis sénateur à la Libération. Président du groupe radical au Conseil de la République (futur sénat), il est ministre des Postes en 1950 puis ministre de l’Intérieur de 1951 à 1953. Farouchement hostile au Parti Communiste dans lequel il voit une menace en temps de Guerre Froide, il voit éclater « l’affaire des pigeons », qui conduit à la brève incarcération de Jacques Duclos, soupçonné d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Surnommé « le Maccarthy français » par le PCF, il est battu à la mairie de Chartres en 1953, le PCF ayant reporté une partie de ses suffrages sur la liste modérée de droite.

Malade, il fait sa dernière intervention publique lors du congrès radical de novembre 1955. Il y dénonce le « syndrome indochinois » qui guette l’empire colonial. Favorable à une évolution rapide des colonies et de l’Algérie vers l’autonomie, Charles Brune sort ainsi de la scène politique en partisan de Pierre Mendès-France et de la rénovation des institutions. Il meurt trois mois plus tard à 63 ans.

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banquet Marceau dans les années 1950