Ferdinand GATINEAU, député de DREUX                                                           

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Né en 1828 à Beaufrançois, Ferdinand Gatineau est le fondateur du radicalisme beauceron, le premier à adopter l’étiquette de « radical ». Il est aussi le premier à défendre le programme dit « de Belleville », programme des républicains radicaux depuis 1869, qui prévoit le Suffrage Universel à tous les niveaux (avant 1882, les maires et les élus sont nommés par l’Etat), la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté d’association, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ainsi que la création d’une école laïque, gratuite et obligatoire.

Son parcours est d’abord celui d’un républicain quarante-huitard passé à l’opposition sous le Second Empire. Secrétaire de l’Etat-major en 1848, il est admis avocat au barreau de Paris en 1851 après ses études de droit. Sous l’Empire, il est de tous les grands procès politiques, combat les plébiscites de Napoléon III, est candidat « républicain radical » à Chartres en 1863 et organise le premier banquet Marceau en 1869. A une époque où les réunions politiques républicaines sont interdites, célébrer la mémoire du grand général de 1793 est un moyen détourné de faire campagne. En 1871, après la chute de l’Empire, il défend les communards devant les conseils de guerre qui se tiennent à Paris après la répression de la Commune.

Après une phase d’opposition aux gouvernements monarchistes, il est élu député républicain en 1876 à Dreux, adhère à l’Union Républicaine menée par Gambetta et dépose une proposition d’amnistie des faits insurrectionnels. Lors du « coup du 16 mai » 1877, aors que les royalistes tentent de passer en force contre la majorité républicaine à la Chambre, il est l’un des 363 qui refusent la confiance au duc de Broglie. Partisan de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, il se sépare en 1881 de Gambetta et rejoint l’extrême-gauche des radicaux menée par Clemenceau. En 1882, il attaque la politique coloniale de Gambetta en Egypte, refuse de voter les crédits pour l’expédition du Tonkin-Indochine, et dénonce les guerres d’agression comme une trahison des principes républicains. En 1883, il est président du groupe de la Gauche radicale à la Chambre des députés et plaide pour la rupture entre les républicains de gouvernement emmenés par Jules Ferry et les républicains radicaux emmenés par Clemenceau. « La République et la Chambre ont déjà trop sacrifié aux exigences du compromis et de la stabilité ministérielle », déclare-t-il. Tête de turc des modérés et de la droite, réputé pour son éloquence, il meurt en 1885.

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banquet MARCEAU en 1879