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Edmond DESOUCHES, député puis président du Conseil général. Né en 1904 à Berchères-les-Pierres, Edmond Desouches quitte l’école communale à 11 ans avec un certificat d’études et travaille dans l’agriculture avant de rejoindre la régie du Syndicat électrique chartrain à partir de 1923. C’est là qu’il entre en contact avec les élus radicaux des 73 communes du syndicat, ainsi qu’avec les acteurs de la modernisation agricole et rurale du département. Monteur-électricien, chef d’exploitation et finalement directeur de la régie, il adhère au parti radical en 1930 avant d’être distingué par Charles Brune qui fait de lui le secrétaire général de la fédération radicale-socialiste d’Eure-et-Loir. A la libération, il est l’un des artisans de la reconstruction du parti républicain en Eure-et-Loir, dont Charles Brune et Maurice Viollette prennent la tête. Collaborateur du journal « l’Indépendant d’Eure-et-Loir », président de la FCPE départementale, fortement impliqué dans les organisations laïques, il parcourt le département et organise des réunions publiques dans chaque commune. Maire de sa commune, Lucé, en 1947, il arrache à la droite le canton de Chartres-Nord en 1953, et succède à Maurice Viollette à la tête de la liste républicaine aux législatives de 1956. Il est réélu député de Chartres en 1958, 1962 et 1967, à chaque fois avec de très larges majorités. Outre l’appui des réseaux radicaux, Edmond Desouches bénéficie en effet d’une image de maire-bâtisseur. Lucé, sa commune, se couvre d’implantations industrielles grâce au soutien du ministre de l’Intérieur, Charles Brune, et des préfets d’Eure-et-Loir successifs, tous radicaux. Sa population croît de quelques milliers en 1950 à 5000 en 1960 et finalement 19.000 lorsqu’il quitte la mairie de Lucé en 1989, 42 ans plus tard. A cette date, Lucé compte 66% de logements sociaux. Les équipements se multiplient et Edmond Desouches devient un des spécialistes des questions de logement à l’Assemblée nationale. Administrateur puis président du conseil fédéral des HLM au niveau national, il est même pressenti, en 1967, pour être ministre du logement en cas de victoire de l’opposition au général de Gaulle aux législatives. Cette année-là, la majorité reste aux gaullistes à un siège près. Battu en 1968 dans les « élections de la peur », il se consacre à sa ville, à la politique des HLM et sera président du Conseil général en 1976. Dans les années 1970, la signature du programme commun le pousse vers des positions centristes, à l’image du parti radical-socialiste, sans pour autant lui faire rejoindre la majorité giscardienne. Il rejoint les radicaux de gauche en 1980, gère sa ville jusqu’en 1989 et meurt dans un accident de la circulation en 1997, à 93 ans. |