Maurice MAUNOURY, député de Chartres, Ministre de l’Intérieur de 1922 à 1924.

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Né en 1863 en Egypte, où son père, Pol Maunoury, s’est exilé après le coup d’Etat de Napoléon III, Maurice Maunoury rentre en Eure-et-Loir en 1870 et fait de brillantes études au début de la III° République. Polytechnicien, ingénieur civil, docteur en droit et avocat, il succède à son père à la mairie de Luisant et devient député de Chartres en 1910. Candidat du journal « Le Progrès » et des républicains, il s’inscrit à la Gauche radicale, est rapporteur du budget de la marine et s’oppose au projet de la droite de ramener le service militaire à trois ans. Ministre des colonies pendant quelques jours en 1914, il est appelé comme chef d’escadron d’artillerie.

Amputé de la jambe droite, cousin du maréchal Maunoury, « le sauveur de la Marne », partisan de l’Union Sacrée et hostile aux socialistes depuis leur adhésion à la révolution bolchevique, Maurice Maunoury sort de la guerre plus à droite qu’il n’y était entré. A une époque où la figure de Paul Deschanel, président de la Chambre des députés et bientôt président de la République, domine la scène départementale, il se rallie à lui, avec une partie des radicaux d’Eure-et-Loir et remporte les législatives de 1919, contre le républicain-socialiste Maurice Viollette allié aux radicaux-socialistes.

Président de la commission des finances puis ministre de l’Intérieur de 1922 à 1924, son intelligence et son statut d’ancien combattant lui permettent de s’imposer dans la Chambre « bleu horizon » de 1919. Ministre, il est l’homme de la lutte contre les attentats royalistes qui, en 1923-1924, frappent les leaders de la gauche. Cependant, coupé de la base du parti républicain, ayant perdu le contrôle du journal « Le Progrès », prisonnier d’une droite qui en a fait son chef en Eure-et-Loir mais qui se méfie encore de lui, il est sèchement battu lors de la victoire du cartel des gauches en 1924. Il meurt de fatigue un an plus tard, en mai 1925.

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