Henri TRIBALLET, député de Chartres. Né en 1884 dans le canton d’Illiers, Henri Triballet est un cultivateur beauceron dont la carrière politique doit beaucoup à une popularité étonnante, acquise auprès des agriculteurs laïques et des ouvriers agricoles du département. Maire d’Epeautrolles, il entre dans les rangs des républicains via les organisations agricoles républicaines, comme la SCAEL (Société coopérative agricole d’Eure-et-Loir) dont il est administrateur pendant vingt ans. Elu député en 1924 sur une liste de cartel des gauches, il reste sa vie durant fidèle à Maurice Viollette, et siège avec lui au groupe des républicains-socialistes. Réélu député de Chartres en 1928, 1932 et 1936, il est à chaque scrutin celui des députés d’Eure-et-Loir qui remporte les plus larges majorités et que les foules paysannes portent en triomphe les soirs d’élection jusqu’au siège des radicaux, rue des Changes à Chartres. Défenseur inlassable de la cause des agriculteurs, il intervient dans tous les débats à la Chambre, sur les questions de crédit, de tarifs douaniers, de fixation des baux et des fermages. Lors de la crise agricole des années 30, il est l’un des artisans de la loi du 10 juillet 1933 sur le soutien aux prix du blé. En 1936, il intervient encore avec Tanguy-Prigent lors de la fondation de l’Office du Blé, dont il défend le principe depuis longtemps et dont les parlementaires radicaux et républicains d’Eure-et-Loir avaient fait leur mot d’ordre. Défenseur de la politique pacifiste de Briand dans les années 20, membre de la Ligue des Droits de l’Homme, il se reclasse, avec Viollette, dans le camp des adversaires de Munich et de la résistance aux fascismes. Il ne vote pas les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940 et se retire de la vie politique, pour mourir en 1946. |