Relance : il pointe ses insuffisances

extrait de

l’Echo Républicain du 5 février 2009

 

Hier, à Nogent-le-Rotrou, François Huwart (PRG) a sévèrement pointé les insuffisances du plan de relance gouvernemental et les seules miettes dévolues à l’Eure-et-Loir. Il en a qualifié d’« inexistants » ses sept parlementaires.

« C’est trop peu, trop tard et ça ne passe pas par l’Eure-et-Loir. » Hier, à Nogent-le-Rotrou, François Huwart (PRG) a de façon radicale stigmatisé le plan de relance du gouvernement, détaillé lundi à Lyon par le Premier ministre, qui ne réserve que des miettes au département (notre édition de mardi) : 6 millions d’euros sur 22 milliards. Alternant dossiers locaux (lire aussi en encadré) et considérations plus générales, c’est autant le responsable politique (1) que le maire qui s’est ainsi exprimé. De façon acérée.

Ainsi n’a-t-il pas ménagé non plus « le G 7 » eurélien, le groupe des sept parlementaires du département, a-t-il détaillé : « Voilà trois sénateurs et quatre députés, dont une rapporteur de ce plan en Eure-et-Loir, qui soutiennent ce gouvernement de droite mais ça a changé quoi ? Et ça apporte quoi ? Ou bien ils ne se sont pas manifestés, ou bien ils n’ont pas été écoutés ; en tout cas, c’est comme s’ils n’avaient pas existé. Un train très important en a été raté en Eure-et-Loir et j’en suis scandalisé. »

Il s’est fait fort de constater qu’aucune réponse n’est apportée à un département confronté à un problème de reconversion industrielle. Exemple cité avec l’équipementier Valeo à Nogent-le-Rotrou, au coeur d’« une crise de l’automobile connue depuis longtemps : voilà effectivement un an et demi que ce poumon économique du Perche est en souffrance, avec l’annonce de 90 suppressions de postes s’ajoutant aux 200 déjà effectuées, pour atteindre un seuil de 500 salariés qui doit nous inquiéter. Le gouvernement dit aujourd’hui seulement se pencher sur la question mais c’est trop tard. Les moyens qu’il dit vouloir mettre en oeuvre seront inutiles pour ces quelque 300 personnes dont se sera séparé Valeo-Nogent. Après toute absence de prévision, je crains que ces annonces à venir pour les grands constructeurs automobiles soient insuffisantes et je doute qu’elles concernent les équipementiers. »

« Le plus dur reste à venir »

Une insuffisance que François Huwart a mise en avant en rapprochant les 22 milliards d’euros de ce plan hexagonal des 622 milliards, a-t-il cité, du plan américain, « soit 28 fois plus. » Insuffisance encore dans leur répartition géographique, « sur quelques grandes agglomérations seulement alors que 98 % du territoire n’en profiteront pas ». Insuffisance toujours, dans sa bouche, quant à la nature des choix opérés, « technocratiques et relevant pour beaucoup de vieux dossiers ressortis des cartons. »

François Huwart en livre sa traduction : « Ce plan ne constituerait qu’une réponse à une petite dépression, mais pas à la réelle récession dans laquelle nous entrons. Car je suis persuadé que le plus dur de cette crise reste à venir. Dans quelque temps, on mesurera la désinvolture et l’irresponsabilité de ce plan à propos duquel on n’a même pas parlé du pouvoir d’achat qui a été zappé. Moi, je prends rendez-vous. »

l.-m.m.

1. François Huwart est le président de la Fédération d’Eure-et-Loir du PRG, membre de son bureau national et, en tant qu’ancien ministre, membre de son comité directeur