« Pour le rassemblement et l’Union républicaine en Eure-et-Loir », tribune dans l’Echo Républicain et la République du Centre du 24 avril 1987. La France politique change. Dans l’esprit de nos concitoyens, c’est une autre idée de la politique qui fait son chemin. L’alternance de 1981, la cohabitation depuis un an, y sont pour quelque chose, mais aussi et surtout la méfiance envers les dogmes de toutes sortes jugés impuissants à maîtriser les bouleversements économiques et sociaux de ce dernier quart de siècle. Chacun sait bien que cette évolution économique, technologique, comporte des chances nouvelles mais aussi des dangers pour la démocratie et la République. Pour regarder ainsi l’avenir en face, il faut rejeter l’esprit partisan lorsqu’il est esprit de clan ou de boutique, dépasser les clivages artificiellement maintenus dans le débat politique alors qu’ils n’ont plus cours dans l’esprit de nos contemporains. Pour changer ainsi la politique et affirmer les vraies différences, il faut savoir reconnaître les nombreux points d’accord dans un pays moderne. Le nôtre a une longue histoire, chargée d’enseignements, porteuse d’acquis communs à une grande majorité, hormis à quelques privilégiés, à quelques extrémistes, à quelques fantômes, réincarnation des heures les plus sombres et les plus intolérantes de notre histoire. Dès lors, le durcissement d’une grande partie de la majorité parlementaire actuelle, sa perméabilité aux idées de l’extrême droite, qui voudrait nous entraîner vers une société d’exclusives et d’interdits économiques, sociaux ou civiques, n’est pas acceptable. Il faut au contraire rassembler, renforcer les alliances, créer des convergences, jeter des passerelles, réaffirmer l’exigence morale en politique, bref faciliter l’expression de la majorité démocrate de notre pays. L’Eure-et-Loir, terre de mesure et d’équilibre, mais aussi de conviction, est sans nul doute une terre d’élection pour la réalisation de ce dessein. La tradition radicale et républicaine a été présente dans toutes les grandes luttes de la République : pour l’indépendance nationale de Gambetta à Jean Moulin, pour la formation et l’instruction publique de Jules Ferry à Jean Zay, pour la rigueur et la vérité avec Pierre Mendès-France. En Eure-et-Loir, Maurice Viollette, Charles Brune, Edmond Desouches, Robert Huwart, parlementaires ou présidents de conseil général ont, pendant de longues années, exprimé à travers la gestion du département une certaine conception républicaine de la vie politique, une certaine idée de l’intérêt général. Dans le droit fil de cette tradition radicale et républicaine, le MRG d’Eure-et-Loir estime avoir un rôle à jouer dans le combat pour une démocratie moderne et prendra des initiatives de nature à contribuer à ce rassemblement et à l’union républicaine.
François Huwart, Conseiller régional, Président de la fédération radicale de gauche d’Eure-et-Loir. |